• Retrospective

     

    J'avais une grande amie, autrefois,

     

    qui parcourait déserts, landes et bois.

     

    C'était une amie de la nature,

     

    à l'esprit léger et au cœur pur

     

    friande de rimes, de paysages

     

    qu'elle rapportait dans ses bagages

     

    dès la fin du voyage.

      

    Elle me manque aujourd'hui,

     

    cette amie d'autrefois

     

    qui m'a fait aimer la poésie

     

    et redonné confiance en moi,

     

    quand tout semblait perdu,

     

    que mon cri d'espoir s'était tu

     

    en me laissant presque sans vie,

     

    sur le chemin de la vie.

      

    Aujourd'hui, je veux lui rendre hommage,

     

    à cette amie, cette poétesse sage,

     

    par ses écrits ainsi déroulés

     

    sur cette page blanche,

     

    je vous en fais profiter.

     

    Chris Daniels.

      

    --------------

     

    L'enfant, la rose et le chêne

      

    Jamais rose ne fut plus belle qu'au petit matin où les paupières de la nuit endeuillée se refermaient comme un coquillage chaviré, oubliant en son cœur une perle en forme de larme tremblante au soleil invisible qui illuminait tout ce qui devait être lumière et musique.

     

    Cassée, je marchais sur la route sans horizons d'exil, miroir encendré entravant mes pas de pierre. Je fixais continùment, dessinant ton nom sur le cristal de l'inoubli, le bouger brinquebalant de la petite armée odorante des roses de thé inécloses, penchées comme une confiante écriture d'enfant, sur le cercueil dont le vieux cœur de chêne s'épuisait dans un impossible simulacre de vie.

     

    J'eus envie, dans un geste muet et ma froide absence, l'espace d'un entre-soupir, de froisser entre mes doigts indolores, l'insolente beauté qui exultait, juste pour me sauver.

     

    Mais pourquoi aurais-je soustrait à la terre, cet arc-en-ciel mirifique, cette beauté éphémère comme un flocon de neige jouant dans un souffle de printemps, et qui exhalait son doux pollen comme une tendre caresse.

     

    Sur la route, inconnue de moi, un bouton de rose déplia ses pétales comme ceux d'une libellule ; mes yeux les feuilletèrent comme le livre d'une vie prise tout à coup dans une embuscade où, pourtant, s'inscrivent le chant d'un oiseau, la course d'un écureuil, où furtive une abeille dans un buisson de larmes.

     

    Ce soir, sons l'aile criblée d'or de la nuit, ils dormiront ensemble : lui, l'enfant, elle, la rose, et le vieux cœur de chêne

     

    (Transcription de l'insoluble)

     

    Chantal Liaud Avril 1989

     

     

      

    « Dans nos ténèbres, il n'y a pas une place pour la beauté. Toute la place est pour la Beauté »

     

    (René CHAR)

      

    CONTE SUR LA SOLITUDE »

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