• La Fissure du temps (4)

     

    C'est la petite Nyx qui les réveilla. Le soleil étendait déjà ses rayons brûlants sur la ville. Il était temps de partir à la recherche du Génésien égaré.....le sage Meska. A mesure qu'ils avançaient, traversant les marais, ils furent à peine dévisagés. Les tribus nomades étaient le lot quotidien des habitants de la cité.

     

     

     

    Croisant tour à tour marchands et ouvriers, ils suivirent le flot continu du peuple jusqu'aux abords de la ziggourat. Puis ils se séparèrent en groupes de quatre pour entrer dans un des nombreux sanctuaires réservés au peuple, afin de prier et déposer aux pieds d'Endursag, dieu protecteur des voyageurs, des offrandes de farine et de dattes.

     

     

     

    Placés en retrait, Richard, Chris, Mai et Moon pouvaient apercevoir l'attitude des Sumériens envers leurs dieux, celle de serviteurs envers leur maître, un mélange étonnant fait de soumission, de crainte mais aussi de respect, d'admiration et de confiance.

     

     

     

    Ils savaient que si le service ordinaire des dieux, l'accomplissement des rites multiples ainsi que la célébration des grandes fêtes saisonnières ou annuelles restaient l'apanage des prêtres...tous, du souverain au plus humble de ses sujets, avaient le devoir d'obéir aux dieux, de suivre scrupuleusement leurs prescriptions et de respecter les innombrables règles et tabous qui ponctuaient leurs journées......

     

    ...transgresser cette loi élémentaire était signer son arrêt de mort ou à moindre culpabilité, la misère, la maladie ou le bannissement pour les siens.

     

     

     

    Richard voyait tout cela sur les visages burinés par le soleil et le travail qui ravageait leurs traits vieillis dès leur naissance.

     

     

     

    -Dans quoi avaient-ils mis les pieds...pensa-t-il. Il regarda à la dérobée Mai. Elle était impassible mais en lui prenant la main, il sentait son pouls s'accélérer dès que l'un de ces êtres du passé révolu la regardait avec insistance. Elle baissait alors les yeux, soumise en femme du peuple comme l'étaient ses ancêtres.....ce qui mettait fin à toute suspicion.

     

     

     

    Soudain, une voix s'éleva de derrière une colonne.

     

     

     

    -« Qui donc saura ce qu'au ciel veulent les dieux »

     

    « comment les pauvres que nous sommes connaîtront-ils le plan divin »

     

    « Toi, mon frère, qui hier florissant, agonise aujourd'hui »

     

    « t'interroges sans en comprendre le sens profond »

     

    « tes jours sont comptés. Quoique tu fasses, tu n'es que du vent »......

     

     

     

    Un prêtre venait d'apparaître, débitant sa litanie, flanqué de soldats en armes. Regardant le peuple, il les invitait à se plier plus profondément dans une contrition qui leur enlevait le reste de leur force, à peine le jour levé.

     

     

     

    Finalement, pensa Richard, rien n'avait changé depuis l'aube des temps jusqu'à son siècle....c'était toujours l'asservissement du corps qui protégeait la conscience, l'abnégation de soi, retrouver une âme neuve dans l' hypothétique quête d'une renaissance...la Foi et l'homme, indissociables ...l'une gouverne et l'autre se soumet.

     

     

     

    L'homme de foi descendit quelques marches et s'approcha du groupe. La main de Mai se raidit. Richard la sentait à la limite de l'évanouissement. Il les détailla avec minutie, s'écarta de quelques degrés et s'adressant à une femme très âgée, lui dit en la désignant :

     

     

     

    -Toi ! vieille femme ! viens un peu ici, dans la lumière, que je te vois....comment t'appelles-tu ?

     

     

     

    -Naakéma... vénérable En-Ki.....

     

     

     

    -Je ne t'ai point vue auparavant...es-tu là depuis le dernier coucher ?

     

     

     

    -Oui, vénérable.... je suis arrivée des montagnes du Zagros pour rendre grâce à mon seigneur. !

     

     

     

    -Que me chantes-tu là... vieille cabaretière ! Que tous les jours qui passent, je viens en ce lieu et ne t'ai point aperçue, car mon œil exercé ne t'aurai point oublié, vu ta laideur qui transpire en ce lieu de prières... ! Inanna serait ton âme que faiblesse n'eus point ! Parles ! Perfide sera ta langue qu'on devra la couper, la jeter en pâture à l'aigle d'Etana ! Aaaah ! Aaaah !.....

     

     

     

    Le fourbe riait à gorge déployée suivi de ses laïcs. Puis brusquement, il tourna les talons et se perdit derrière les colonnes du temple. La main de Mai se relâcha et Richard sentit son angoisse disparaître dans un souffle profond.

     

     

     

    Gar s'approcha du groupe et leur dit..... bien justement.....

     

     

     

    -Un homme qui ne peut servir son peuple ne peut servir ses dieux.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    « La fissure du Temps (3)Meska »

  • Commentaires

    1
    elena800
    Vendredi 16 Octobre 2015 à 07:49

    Bonjour, une vrai science fiction ! Bravo ça se lit bien et je verrai bien un roman ! Bon weekend, amicalemenyt

    2
    Dimanche 18 Octobre 2015 à 19:22

    Pardon Chris, c'est vrai que ces derniers temps, pas mal de problèmes. Enfin pas grave mais promis je reviendrai te lire... Moi je ne sais si je vais continuer .

    Bonne soirée mon ami.

     

    Anne.

    3
    elena800
    Vendredi 23 Octobre 2015 à 07:37

    Bonjour, en te lisant je rentre dans les personnages c'est ainsi que j'aime lire. Bon weekend, amicalement

      • Lundi 26 Octobre 2015 à 12:48

        Merci Elena. pour le prochain...toi aussi. En attendant, bonne semaine.Amicalement

    4
    Mercredi 11 Novembre 2015 à 11:58

    En ce jour... Que plus jamais ne revienne...

    Mon amitié Chris Daniel

    Anne.

      • Mercredi 18 Novembre 2015 à 19:14

        Bonjour Anne,

        ...que plus jamais ne revienne le temps du sang et de la haine...irremplaçable Barbara.....

        merci pour ton com. 

        Amitié Anne.

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :