• LA PORTE DE L'ENFER

    LA PORTE DE L'ENFER

     

    Une paroi de pierre...ça semblait inepte..pensa-t-il..il y avait nécessairement un passage dérobé, sournoisement caché, qu'il n'avait pas vu..et dépassé !

     

    Il revint sur ses pas en examinant le terrain en détail. Dans un angle, un ruissellement anormal filtrait, venant de la voûte. De chaque côté, l'eau coulait doucement, continue, érosive. Le froid avait gelé les coulées anciennes, rendant la paroi pareille à un miroir, certes un peu terne et déformé par les aspérités ; néanmoins, le reporter se voyait assez distinctement pour se reconnaître..... » l'ombre de l'eau rejoint la lumière »...il y avait une explication logique à ce second indice, persuadé qu'il l'avait sous les yeux.

     

    En effet, l'angle placé entre les écoulements était légèrement humide mais sans plus. Il sortit un briquet et, attentivement, analysa la surface. Il faillit bondir de joie. Ce qu'il touchait n 'était pas minéral mais végétal...du bois...une porte de deux mètres masquée par un artifice pierreux !

     

    Il la poussa doucement et sentit une légère résistance. La porte était épaisse. L'huis bougea. Une lumière crue l'aveugla, traçant tel un laser la paroi, créant des reflets saisissants de couleurs variées, imprégnées en clair-obscur....un jeu chromatique sombre et éclatant.

    A l'aide d'une ferrure récupérée près de la porte, il dégagea de la roche friable une gangue dorée, difforme, boursouflée.

    Richard connaissait ce genre de métal ravi à la montagne. Il en avait vu de toutes grosseurs, de toutes formes dans « sa » concession garimpo d'Itaituba au Brésil. Ce fut la raison de son départ, attaqué par un mal insensible à la quinine qui n'épargne aucun être humain....Par un malheureux coup du sort, il avait dû y rester deux mois entiers et s'il en était parti, ce n'était pas grâce à Charùtao. L'homme, un pilote chevronné mais un peu « loco » devait le récupérer après un reportage de deux jours. Il l'avait oublié. Pour survivre, il avait dû faire comme les autres....chercher « el oro »....

    C'est bizarre comme les souvenirs s'attachent, se fragilisent lorsque la souffrance tient une place prépondérante dans leur histoire...

    Heureusement, il y avait aussi de bons côtés...Manaïta, par exemple, une jeune et jolie « caboclo » qui avait partagé son existence éphémère là-bas.....

    Soudain, il eut froid. Il prit conscience que le moment ne se prêtait pas aux sentiments privilégiés du passé. Il rangea la pépite dans un mouchoir qu'il enfouit dans sa poche et revint à la porte.

     

    En ouvrant le passage, il eut l'impression que le souvenir de la belle métisse l'effleurait encore mais il s'estompa très vite comme une allumette devant le spectacle désolant qui surgissait devant lui......

    « ...Trop con pour aller ailleurs...Asservissement »

  • Commentaires

    1
    Mardi 10 Mars 2015 à 06:13

    C'est ainsi que vois un chercheur d'or ! Ce doit être très dur. Bon mardi, amicalement

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